L’affacturage connait une large adoption en France. Quel constat dressez-vous sur son utilisation effective par les entreprises ?
Thibaut Robet : Aujourd’hui, une ETI française sur 2 recourt à l’affacturage. Cette solution a profondément changé de nature au cours des deux dernières décennies : elle constitue désormais un levier de croissance pour des entreprises en développement, et non plus une bouée de sauvetage pour structures en difficulté. Neuf opérations sur dix que nous accompagnons concernent d’ailleurs des sociétés en expansion.
Quels obstacles entravent selon vous cette optimisation ?
T.R. : Nombre d’entreprises factorées ne mobilisent pas tout le potentiel de financement de leur contrat. Les directions financières rencontrent trois types de difficultés majeures. En premier lieu, la dispersion des données : les informations nécessaires sont éclatées entre l’ERP comptable, le portail du factor et celui de l’assureur-crédit. Cette fragmentation impose de multiples réconciliations manuelles, chronophages et sources d’erreurs. Deuxièmement, le déficit de visibilité : les équipes identifient tardivement les clients éligibles non intégrés au programme ou les couvertures d’assurance-crédit insuffisamment calibrées, découvrant a posteriori des sous-financements évitables. Enfin, la lourdeur opérationnelle : la préparation de chaque cession peut mobiliser plusieurs heures de travail, avec des contrôles multiples et des ajustements successifs.
En quoi votre solution ARI Trade transforme-t-elle ces processus ?
T.R. : ARI Trade (NDLR : Accounts Receivable Intelligence) unifie tous les flux d’information liés à l’affacturage au sein d’une plateforme unique. L’ensemble du poste clients de l’entreprise est référencé dans le système. Cette approche permet d’activer en quelques clics de nouveaux clients selon les besoins de trésorerie, qu’ils soient liés à la saisonnalité de l’activité ou à des projets de développement spécifiques. L’outil s’interface par API avec les trois principaux assureurs-crédit du marché, et permet d’ajuster les garanties avant chaque cession afin de sécuriser le niveau de financement maximal. Nous tenons non seulement une promesse de visibilité mais aussi de flexibilité. C’est cette agilité qui est aujourd’hui centrale pour les entreprises.
Quels bénéfices mesurez-vous auprès de vos utilisateurs ?
T.R. : Les résultats observés se situent à deux niveaux. Sur le plan financier, nous constatons en moyenne une progression de 15 % du financement obtenu, grâce à l’identification systématique des poches de sous-financement et à l’optimisation des couvertures d’assurance-crédit. Sur le plan opérationnel, le temps consacré à la gestion de l’affacturage peut être divisé par cinq. Pour illustrer, l’un de nos clients industriels, gérant une vingtaine d’entités factorées, économise vingt heures mensuelles – soit l’équivalent d’une semaine de travail. Pour un grand groupe international du paiement électronique, nous avons supprimé intégralement les écarts de trésorerie et réduit de deux jours le délai d’accès au financement. ARI Trade s’adapte à toutes les tailles d’entreprises, des PME aux Corporates.
Quelles sont vos ambitions et perspectives pour cette année 2026 ?
T.R. : Nous finalisons actuellement le déploiement de la version SaaS d’ARI Trade, dont la commercialisation interviendra dans les deux prochains mois. Cette évolution technologique renforce encore notre capacité à déployer rapidement de nouvelles fonctionnalités, notamment en matière d’analyse automatisée des écarts grâce à l’intelligence artificielle. Notre valeur ajoutée repose sur l’accompagnement opérationnel : l’implémentation complète peut s’effectuer en moins d’un mois. Notre équipe Delivery, constituée d’une dizaine de spécialistes issus du métier de l’affacturage, assure ensuite un support continu auprès des directions financières, trésoriers et responsables du crédit management.
Source : Daf Mag